Argentine - Gagné sur la Toile, le voyage tourne au cauchemar
Agrandir l'image
Crédit Photo : AFP
Gagné sur la Toile, le voyage tourne au cauchemar
*
Deux étudiantes françaises sont incarcérées à Buenos Aires depuis mars 2007 pour trafic de drogue.
*
La mère de l'une d'entre elles dénonce un coup monté.
- le 26/04/2008 - 11h36
* Augmenter la taille du texte
* Réduire la taille du texte
* Imprimer
* Envoyer
* PDF
* Mobile
* Partager sur facebook Partager sur facebook
* Partager sur viadeo Partager sur viadeo
Seize mois qu'elles sont emprisonnées. Seize mois qu'elles clament leur innocence. Accusées de trafic de drogue, deux étudiantes françaises sont incarcérées depuis mars 2007 à Buenos Aires. Les deux jeunes niçoises ont été arrêtées à la fin de leurs vacances à l'aéroport de la capitale argentine avec dans leurs bagages des jeans imbibés de plus de 14 kg de cocaïne pure, a indiqué à l'AFP la mère d'une des jeunes femmes, Lydie Ziegler.
Sa fille de 20 ans, Samantha -et son amie âgée de 21 ans, dont la famille ne souhaite pas dévoiler l'identité, avaient "gagné" un voyage en répondant à trois questions simples sur un site internet, qui "a disparu depuis", selon Lydie Ziegler.
"On va vous aider..."
A leur arrivée en Argentine, elles avaient reçu 1.000 euros pour leur séjour de la part de deux hommes qui les avaient accueillies à l'aéroport, a-t-elle dit. "Elles avaient suffisamment d'argent pour faire les belles, elles ont été chez le coiffeur, elles se font une garde-robe, elles allaient au restaurant tous les jours en se disant qu'elles avaient gagné le plus beau des cadeaux", a-t-elle poursuivi.
Au moment de prendre l'avion du retour pour la France via Amsterdam, les douaniers ont découvert dans leurs bagages une pile de jeans de taille 50 --alors que Samantha taille du 38 selon sa mère-- imbibés de plus de 14 kg de cocaïne. Selon Lydie Ziegler, les organisateurs du séjour ont glissé les pantalons à leur insu dans leurs bagages lors du transfert à l'aéroport. "On leur a dit, on va vous aider, on va prendre deux taxis car tout ne rentrera pas dans un seul", a-t-elle raconté.
"J'ai la pire ambassade qui soit"
Les deux étudiantes ont été incarcérées à la prison d'Ezeiza à Buenos Aires et encourent jusqu'à 15 ans de réclusion. Si elles plaident coupables, elles pourraient voir cette peine réduite à cinq ans de prison. Samantha Ziegler a dénoncé ses conditions de détention dans une interview à L'Indépendant, à paraître samedi, à l'occasion d'un appel téléphonique, vendredi, de sa mère, autorisée par l'administration pénitentiaire à la contacter par téléphone pendant 15 minutes quatre fois par mois.
"On a essayé de me taillader (...) On nous agressait durant le sommeil", a-t-elle dit, évoquant ses premiers mois de détention dans une cellule comptant "plus de 20 détenues", où "il y avait beaucoup d'insectes, des rats". Actuellement incarcérée dans un "centre de réhabilitation pour drogués" de la prison, elle a affirmé disposer à présent de meilleures conditions, seule dans "une cellule privée", mais contrainte de travailler toute la journée. "J'ai la pire ambassade qui soit (...) Ils ne viennent jamais me voir", a ajouté Samantha, affirmant selon ses propos à L'Indépendant n'avoir reçu qu'une seule fois la visite d'un représentant du consulat français.
(D'après agence